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Le travail des enfants

Le travail des enfants : nuisible ou non?
Pourquoi les enfants travaillent-ils?
En quoi le travail des filles est-il différent de celui des garçons?
Comment le Canada vient-il en aide à ces enfants?
Que pouvez-vous faire?

Une jeune fille © ACDI-CIDA/David Trattles
Grâce au Bauze Community Youth Centre de Lusaka, en Zambie, des jeunes filles se renseignent sur leurs droits au moyen de services variés mis à leur disposition et d'activités comme cette campagne où, à l'aide de t-shirts, on contribue à protéger les enfants employés comme domestiques de la violence physique et psychologique.
Aux abords des rues très animées de Dakar, la capitale du Sénégal, Aida, dix ans, vend des fruits aux passants. L'argent gagné lui permettra de s'inscrire à l'école, qu'elle fréquente presque tous les jours.

Au même moment, assis dans une cabane à peine éclairée située dans le nord du Pakistan, se trouve Harun, neuf ans. Il y passe dix heures par jour. Ses petits doigts filent de minuscules brins de laine qui serviront à fabriquer des tapis aux motifs très complexes. Il fera ce travail pendant toute son enfance pour aider à payer un emprunt que sa famille appauvrie doit rembourser. Une fois arrivé à l'âge adulte, sa vue se sera beaucoup affaiblie, et il aura à peine d'autres possibilités de travail puisqu'il ne sera jamais allé à l'école.

Ces deux enfants sont tous les deux des travailleurs juvéniles, mais leur situation est fort différente.



Le travail des enfants : nuisible ou non ?

Dans le monde entier, plus de 130 millions d'enfants travaillent pour subvenir à leurs besoins et aux besoins de leurs familles. Il est, par conséquent, essentiel de faire la distinction entre les différents types de travail des enfants.

Certains types de travail sont nuisibles au développement des enfants. C'est le cas pour la vaporisation des pesticides qui les exposent à de dangereux produits chimiques, le soulèvement de charges lourdes qui peuvent déformer leur colonne vertébrale et le travail dans des conditions précaires qui ne leur donne aucune chance d'aller à l'école, comme c'est le cas pour le jeune Harun. Les pires formes de travail des enfants sont encore la prostitution, l'utilisation des enfants dans les conflits armés ou leur vente à des fins d'esclavage. Deux documents importants présentent ces formes de travail des enfants : la Convention relative aux droits de l'enfant des Nations Unies et la Convention sur les pires formes de travail des enfants de l'Organisation internationale du travail.

Il existe cependant des formes de travail qui ne nuisent pas aux enfants et qui leur sont essentielles, comme c'est le cas pour Aida. Souvent, ces formes de travail se pratiquent à temps partiel et ne les empêchent pas d'aller à l'école. Elles peuvent même être bénéfiques parce qu'elles procurent un revenu, un sens de l'accomplissement et des compétences sociales et de travail qui seront utiles plus tard dans la vie.

Au lieu de tenter de mettre fin à tous les types de travail des enfants, il s'avère important de voir à ce que les enfants qui travaillent acquièrent le savoir, les outils et les occasions nécessaires à l'atteinte de leur plein potentiel. Vous avez certainement entendu parler des enfants qui travaillent dans les « ateliers de misère » - ces usines où sont précaires les conditions de travail et longues les heures de travail - à coudre des vêtements GAP à piquer des chaussures Nike. Peut-être avez-vous tenté de protéger ces enfants en refusant d'acheter ces grandes marques ou en les boycottant. Moins de 5 % des travailleurs juvéniles fabriquent des produits d'exportation, et il ne s'agit généralement pas d'un type de travail présentant les plus grands dangers. Depuis dix ans, des études ont démontré que l'interdiction générale du travail des enfants et les campagnes internationales visant à boycotter certains produits ont fait en sorte que de nombreux enfants se sont retrouvés dans des conditions de travail encore plus dangereuses.



Pourquoi les enfants travaillent-ils ?

Éducation et travail des enfants

Nous présumons que les enfants qui travaillent ne sont pas en mesure d'aller à l'école, mais ce n'est souvent pas le cas; partout sur la planète, des enfants font les deux. En fait, bon nombre d'enfants d'âge préscolaire des pays pauvres passent plus de temps au travail qu'à l'école. Souvent, ils doivent eux-mêmes payer leurs fournitures scolaires, leur transport et leurs droits de scolarité. Dans certaines familles, on exige même parfois que les aînés demeurent à la maison pour que les plus petits puissent avoir la chance d'aller à l'école.

Ce qui importe le plus, c'est qu'il y ait un équilibre entre le travail et l'école de façon à ce que les enfants puissent tirer le meilleur des deux aspects. Nous oublions souvent que les enfants acquièrent de précieuses habiletés à exercer un bon travail. Nous tenons également pour acquis que toutes les formes d'enseignement sont bonnes. Certaines écoles ne fournissent pas un environnement d'apprentissage adéquat, et les enfants qui les fréquentent se trouvent exposés à de plus grands dangers et risques d'exploitation. Cela est particulièrement juste pour les travailleurs juvéniles, qui sont plus susceptibles d'être victimes de violence physique, d'être humiliés ou de ne pas être aidés dans leur apprentissage. Conséquence : de nombreux enfants abandonnent l'école. Dans les cas où les écoles ne sont pas très efficaces, il devient difficile de convaincre les enfants et les adultes de l'avantage de fréquenter l'école plutôt que de contribuer au revenu familial.

La solution se trouve dans des écoles accueillantes qui répondent aux besoins de tous les enfants. Cela se traduit par des horaires souples, favorisant les travailleurs juvéniles, des classes qui se tiennent à proximité des lieux de travail des enfants, et l'assurance que les enfants pauvres des secteurs ruraux et urbains ont accès à un enseignement sécuritaire, de bonne qualité et dispensé en fonction de leur avenir.

Souvent, les enfants qui vivent dans la pauvreté travaillent pour subvenir à leurs besoins et aux besoins de leurs familles. Dans les pays en développement, la grande majorité de ces enfants travaillent pour leurs parents ou pour des membres de leur famille, le plus souvent à des tâches de nature agricole ou au sein de l'entreprise familiale. Le nombre de personnes infectées par le VIH/sida ne cessant d'augmenter, les enfants qui travaillent afin de remplacer les membres de leur famille qui ne sont plus en mesure d'être actifs sont de plus en plus nombreux.

Dans les cultures où il y a discrimination envers les filles et les femmes, les familles et les sociétés n'investissent pas autant dans l'éducation des filles et il est possible que les filles se voient encouragées à aller travailler à un très jeune âge. D'autres enfants, pour leur part, se mettent à travailler après avoir abandonné l'école - souvent parce que l'école n'est pas arrivée à répondre à leurs besoins.



En quoi le travail des filles est-il différent de celui des garçons ?

Les attentes culturelles font en sorte que les possibilités sont, le plus souvent, moins nombreuses pour les filles que pour les garçons. Généralement, le travail des filles est moins valorisé que celui des garçons, il est plus susceptible de ne pas être rémunéré et souvent, se fait à la maison, dans l'ombre - prendre soin d'autres membres de la famille et de nourrissons est un bon exemple. Par ailleurs, les familles frappées par le VIH/sida s'appuient souvent sur les enfants, habituellement les filles, pour s'acquitter des tâches des adultes. Ainsi, les filles ratent les occasions d'acquérir des compétences qui leur permettront de générer des revenus.

La majorité des filles qui ont des emplois à l'extérieur du domicile familial travaillent chez d'autres personnes en tant que domestiques - entretien de la maison ou soin des enfants - où les risques de violence physique, psychologique et sexuelle sont plus grands dans ces conditions de travail qui s'apparentent déjà à l'exploitation. Pour leur part, les filles qui ont la possibilité d'aller à l'école, souvent, n'y sont pas en sécurité.

Les politiques et les programmes qui traitent la question du travail des enfants doivent tenir compte des différentes expériences des filles et des garçons qui travaillent et des divers enjeux auxquels ils doivent faire face. À titre d'exemple, dans le cadre des programmes d'enseignement non institutionnel pour les enfants travailleurs, les cours sont souvent donnés le soir. Les filles ne peuvent donc pas y assister, les risques étant grands pour elles de sortir à ce moment-là. Par ailleurs, les programmes qui permettent aux enfants de participer aux processus décisionnels liés à leur travail doivent assurer une chance égale de participation aux filles et aux garçons.



Comment le Canada vient-il en aide à ces enfants?

Un jeune garçon au travail © ACDI-CIDA/David Trattles
Lorsqu'il ne comporte aucun danger, le travail permet aux enfants d'effectuer des tâches durant la journée et de suivre des cours en soirée, comme c'est le cas pour ce jeune garçon de Jaipur, en Inde.
L'Agence canadienne de développement international (ACDI) protège les droits des enfants par l'intermédiaire de son Plan d'action pour la protection des enfants. En raison du nombre d'enfants qui travaillent dans le monde entier et des effets que leur occupation peut avoir sur le développement de ces enfants, l'aide aux travailleurs juvéniles est l'une des priorités de l'ACDI.

L'ACDI a adopté une approche fondée sur les droits qui est guidée par la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant, convention des Nations Unies la plus ratifiée de l'histoire. Ce document met en évidence le fait que les enfants sont les acteurs de leur propre développement et apportent une contribution à leurs familles et à leurs sociétés. L'article 12 de la Convention souligne qu'il est du droit des enfants de participer, de façon pertinente pour leur âge, aux décisions qui les touchent et de voir leurs opinions prises au sérieux.

L'ACDI est bien consciente que certains enfants doivent travailler. L'expérience démontre qu'il n'est pas toujours efficace d'interdire le travail des enfants. Les enfants qui se font retirer du marché du travail se retrouvent très souvent à faire un travail plus dangereux, comme le commerce du sexe. L'ACDI aide plutôt les travailleurs juvéniles à mener des existences non empreintes d'exploitation, de violence, de négligence ou de discrimination. Il est donc nécessaire de voir à ce que leurs conditions de travail respectent les normes en matière de sécurité et de santé. Il est également important de leur donner l'accès à une éducation de base de bonne qualité.

À titre d'exemple, près de la cime des Andes d'Amérique du Sud, de petits Boliviens de dix ans cassent des roches dans les mines. À l'âge de 12 ans, ils portent sur leurs épaules des pics et descendent dans les entrailles de la terre où se noirciront prématurément leurs poumons en raison de la poussière stérile. Dans la ville de Potosi, l'ACDI aide les enfants mineurs à trouver un travail moins dangereux et à aller à l'école.

En Côte d'Ivoire, pays d'Afrique occidentale où se cultive une grande partie de la production mondiale de cacao, il est commun de trouver des travailleurs juvéniles dans les plantations. L'ACDI s'emploie à sensibiliser davantage les fermiers et les coopératives de cacao à la nécessité d'éviter que les enfants soient exposés aux pesticides, transportent de lourdes charges et se servent d'outils dangereux.

En Thaïlande, pays de l'Asie du Sud-Est,des filles d'aussi peu que 12  ans venant de famille pauvres du nord du pays sont vendues sur le marché du sexe. La plupart d'entre elles n'ont pas reçu d'enseignement institutionnel. L'ACDI collabore avec l'UNICEF afin d'empêcher que ces filles ne soient vendues à des fins de prostitution et afin de leur fournir une éducation.

Puisque le phénomène des travailleurs juvéniles existe, l'ACDI collabore avec ces jeunes travailleurs à améliorer leurs chances d'avoir un avenir sécuritaire et heureux. Parallèlement, l'ACDI continue son travail visant à réduire la pauvreté et à améliorer les conditions qui obligent les enfants à travailler.



Que pouvez-vous faire?